On me questionne régulièrement sur « comment cela se passe ? », « combien de temps cela va prendre ? », « par quoi allons-nous commencer ? », ou encore « où est-ce qu’on va exactement ? ».
Ma manière de travailler est atypique, ici aussi.
Et visiblement, pour certains profils, elle peut sembler déconcertante. Parfois brouillonne. Parfois même donner l’impression que l’on ne sait pas vraiment où l’on va.
Alors laissez-moi vous exposer une expérience très simple pour vous faire entrer dans mon mode de fonctionnement.
Tout le monde a déjà vécu un déménagement. Rappelez-vous comment vous vous y êtes pris….
En ce qui me concerne, j’utilise toujours un déménagement pour faire le tri.
Parce que, finalement, pourquoi mettre absolument tout dans des cartons avec l’idée de trier une fois arrivé ?
Quand on emménage dans un nouveau lieu, on a généralement une seule envie : retrouver rapidement ses marques, ses repères, son quotidien. Pas de rouvrir 48 cartons pour se demander pourquoi on a conservé ce vieux câble, cette lampe abimée ou cette chose dont on ne se souvenait même plus de l’existence…
Et puis, dans mon fonctionnement, il y a un préalable important : je déménage en sachant où je vais emménager.
Cela change tout.
Parce que si je connais mon futur logement, je peux déjà commencer à penser à l’usage que je vais faire de chaque chose, à la place qu’elle prendra, à ce qui est réellement utile, à ce qui ne l’est plus et à ce qui pourrait trouver une toute nouvelle fonction.
En revanche, si je ne connais pas encore mon prochain logement, je vais fonctionner autrement. Je vais prendre les pièces les unes après les autres et mettre les objets en cartons, en indiquant soigneusement la pièce d’origine. Cette pièce devient alors ma référence.
Et il semblerait que beaucoup de personnes fonctionnent ainsi. Même quand elles connaissent leur futur logement. Elles emballent. Elles stockent. Elles déménagent. Et elles verront bien une fois arrivées (ou pas… et on recommence comme avant !).
J’aime savoir un peu où je vais avant de commencer à déplacer les choses.
Lorsque je connais mon nouveau logement, je vais donc en profiter pour :
- Faire le tri entre ce que je garde, ce que je donne, ce que je jette.
- Nettoyer, réparer ou remettre en état ce qui mérite de l’être.
- Réfléchir à l’affectation des objets dans les nouvelles pièces.
Est-ce que cette chose reste dans la chambre ? Est-ce qu’elle trouve finalement sa place dans le bureau ? Dans le salon ? Est-ce qu’elle a encore une place quelque part ? - Anticiper ce que je peux déjà mettre en carton parce que je peux m’en passer pendant la période du déménagement.
- Identifier ce qui est fragile, ce qui doit être manipulé différemment et préservé.
- Repérer ce qui peut être assemblé autrement, parce que deux choses qui fonctionnaient séparément peuvent parfois créer quelque chose de nouveau lorsqu’on les rapproche.
- Imaginer de nouvelles possibilités, parce qu’un déménagement n’est pas seulement une opération de déplacement. C’est aussi l’occasion de réinventer l’espace.
- Garder accessible ce dont j’aurai besoin jusqu’au dernier moment, parce qu’on continue à vivre pendant qu’on déménage.
Et c’est là que cela peut devenir… un joyeux bazar.
J’ai plein de cartons ouverts.
Certains sont destinés à la chambre, d’autres au bureau, d’autres encore au salon, à la cuisine, à la SDB (sans parler du grenier et de la cave !). Certains attendent un objet qui n’est pas encore arrivé. D’autres sont presque pleins, mais pas tout à fait. Et tant qu’un carton n’est pas prêt, il reste ouvert.
Pendant ce temps, les choses bougent.
On déplace. On trie. On hésite. On change d’avis. On découvre qu’un objet que l’on pensait indispensable ne l’est finalement pas. On retrouve quelque chose que l’on avait oublié. On fait parfois des associations auxquelles on n’avait pas pensé au départ.
Vu de l’extérieur, cela peut donner l’impression que c’est le bazar. Et pour certaines personnes, cela peut même être très inconfortable. (Clin d’œil à mon conjoint ;-)) « Je suis perdu. » « Je ne m’y retrouve plus. » « Je ne comprends pas la logique. » « Mais où est-ce qu’on va avec tout ça ? » « On ne va jamais y arriver. » « Ça ne sera jamais fini à temps. »
Pourtant, chaque carton a sa fonction. Chaque objet est en train de trouver sa place. Le processus paraît désordonné parce que nous sommes encore dans la phase où plusieurs possibilités coexistent. Et puis, à un moment donné, dans le temps nécessaire au processus, quelque chose se passe.
Les cartons commencent à se fermer… et souvent plusieurs en même temps. Les choses s’organisent. Les cartons sont regroupés selon leur ordre de chargement et de déchargement. Ce qui était dispersé devient lisible. Ce qui était ouvert se ferme. Et lorsque vient le moment d’emménager, chaque carton peut aller directement au bon endroit.
Il n’est plus nécessaire de tout reprendre depuis le début. Le travail a été fait en amont.
Pourquoi cette analogie ?
Parce que, pour moi, un déménagement est une véritable mutation. Ce n’est pas simplement changer d’adresse. C’est réaménager son environnement, ses repères, ses habitudes et parfois même sa manière d’habiter sa vie. On quitte quelque chose. On fait du tri. On conserve certaines choses. On en abandonne d’autres. On répare. On déplace. On réorganise. On découvre parfois que ce que l’on croyait indispensable ne l’est plus. Et parfois aussi… il faut ajouter de nouveaux meubles. Parce qu’un nouvel espace appelle parfois de nouvelles ressources.
De la même manière, mon accompagnement est un réaménagement intérieur.
Le processus est similaire.
Nous allons regarder ce qui est là. Ce qui fonctionne. Ce qui ne fonctionne plus. Ce qui doit être conservé. Ce qui peut être transformé. Ce qui demande à être réparé. Ce qui prend trop de place. Ce qui n’a jamais vraiment trouvé sa place. Ce qui est encore fragile et doit être manipulé avec précaution. Nous allons parfois déplacer certaines choses. Parfois les regarder sous un autre angle. Parfois les assembler différemment.
Et parfois, oui, il faudra ajouter de nouveaux « meubles » : de nouvelles ressources, de nouveaux repères, de nouvelles façons de faire, de nouvelles compétences ou de nouveaux espaces intérieurs.
Et c’est probablement là que mon accompagnement peut sembler atypique. Je ne vous propose pas forcément un itinéraire parfaitement balisé dès le premier rendez-vous, parce que je ne cherche pas à vous faire entrer dans un plan préétabli.

Je cherche d’abord à comprendre comment est construit votre espace intérieur aujourd’hui, ce qui s’y trouve, ce qui y circule, ce qui encombre, ce qui manque et surtout ce qui cherche à évoluer.
Il y aura donc des cartons ouverts.
>Des moments où plusieurs sujets seront abordés en parallèle.
>Des moments où nous reviendrons sur quelque chose que nous pensions avoir déjà « rangé ».
>Des prises de conscience. Des ajustements. Des détours parfois. Et parfois même quelques « tiens… je n’avais jamais regardé les choses comme ça ». Ce n’est pas nécessairement un manque de direction.
C’est le processus.
Le préalable : savoir où l’on va habiter
Dans un déménagement, il y a une chose qui, pour moi, est essentielle : je connais ma destination avant de commencer à déménager. Je n’ai pas nécessairement déjà installé les meubles et je ne sais pas encore exactement où chaque objet trouvera sa place. Je peux même découvrir, une fois sur place, que certaines choses que j’avais imaginées ne fonctionnent finalement pas.
Mais je connais mon point d’arrivée. Je sais dans quel espace je vais vivre. Et cela change complètement ma manière de déménager.
Parce que je ne trie pas simplement en me demandant : « Est-ce que je garde ça ou est-ce que je le jette ? »
Je peux me poser une autre question, beaucoup plus intéressante : « Est-ce que cela a encore sa place dans le logement dans lequel je vais vivre ? »
Et parfois, la réponse est oui. Parfois, non. Parfois, je ne sais pas encore. Et c’est très bien.
Je peux alors laisser le carton ouvert quelque temps.
C’est exactement cette logique que je retrouve dans mon accompagnement.
Le nouveau logement représente la direction. Il représente ce vers quoi la personne souhaite aller : la manière dont elle souhaite vivre ; ce qu’elle veut retrouver, développer ou construire ; ce qui devient important pour elle ; ce qu’elle ne veut plus reproduire ; ce qu’elle souhaite pouvoir habiter pleinement dans sa vie.
Et là encore, il n’est pas nécessaire d’avoir les plans détaillés du futur appartement. On n’a pas besoin de savoir exactement où sera le canapé, quelle couleur auront les murs ou dans quelle pièce sera rangée chaque chose. Mais il faut avoir une idée suffisamment claire du logement dans lequel on souhaite vivre.
C’est notre point de référence.
C’est ce qui va nous permettre de trier. De déplacer. De conserver. De laisser partir. De réparer. D’ajouter. De réorganiser. Et parfois de découvrir qu’un objet auquel on tenait énormément n’a finalement plus aucune raison d’être dans ce nouvel espace.
Et si la personne ne sait pas encore où elle veut aller ?
C’est là que mon accompagnement commence véritablement.
Parfois, la personne arrive avec une sensation très claire : « Je ne peux plus continuer comme ça. » Mais elle n’est pas encore capable de dire : « Voilà exactement où je veux aller. »
Dans ce cas, on ne peut pas commencer à faire les cartons au hasard. On va d’abord travailler sur le nouveau logement. Pas pour en dessiner immédiatement les plans au millimètre près, mais pour commencer à identifier :
- Dans quel espace ai-je envie de vivre ?
- Qu’est-ce que je veux y trouver ?
- Qu’est-ce qui doit changer ?
- Qu’est-ce que je ne veux plus emporter avec moi ?
- Qu’est-ce que j’ai envie de préserver ?
- De quoi ai-je besoin pour pouvoir habiter cet espace ?
Le futur logement peut donc se préciser au fur et à mesure.
Et une fois que nous avons suffisamment de visibilité sur celui-ci, le tri intérieur peut réellement commencer.
C’est là que le processus prend tout son sens parce qu’on ne cherche pas simplement à faire du vide. On fait de la place pour quelque chose. Et cette nuance est fondamentale.
Je ne vous accompagne donc pas simplement pour « ranger votre intérieur ».
Je vous accompagne pour réaménager votre espace intérieur en fonction de la vie que vous souhaitez désormais habiter.
Et le temps dans tout ça ?
C’est probablement la question la plus difficile à laquelle répondre précisément parce qu’un déménagement intérieur ne se fait pas au chronomètre.
Je peux avoir une idée de la direction, du processus, des étapes possibles. Mais je ne peux pas savoir à l’avance combien de temps il faudra pour chaque carton.
Certaines choses se trient très vite.
D’autres demandent davantage de temps.
Certaines sont évidentes.
D’autres sont chargées d’histoire, d’émotions, d’habitudes ou de croyances et nécessitent qu’on s’y attarde.
Le rythme n’est donc pas une faiblesse du processus. Il fait partie du processus. Et il peut être très différent d’une personne à l’autre.
L’objectif n’est pas d’aller vite pour pouvoir dire que c’est terminé. Le risque serait de se sentir très mal et en insécurité.
L’objectif est que, lorsque nous arriverons au bout, chaque chose ait trouvé sa juste place et qu’il ne soit pas nécessaire, quelques semaines plus tard, de refaire tout le déménagement.
Le véritable objectif n’est pas seulement de « ranger ». C’est de pouvoir habiter pleinement son nouvel espace intérieur, avec davantage de cohérence, davantage de liberté, et surtout, avec une organisation qui vous ressemble réellement.
